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Et si la bourse ne montait pas pendant 13 ans ? (Le Crash Test de la "Décennie Perdue")

Publié le 21 Novembre 2025
Décennie Perdue Bourse

"La bourse monte toujours sur le long terme."

C'est l'adage le plus répété dans le monde de l'investissement. Et statistiquement, c'est vrai. Sur les 100 dernières années, le marché actions (S&P 500) a délivré une performance moyenne d'environ 10 % par an.

Mais les moyennes peuvent être trompeuses. Si vous traversez une rivière dont la profondeur moyenne est de 1 mètre, vous pouvez tout de même vous noyer si un passage fait 3 mètres de fond.

En investissement, c'est pareil. Il existe des périodes de l'histoire où la machine à rendement s'enraye. Des périodes où l'investisseur passif (Buy & Hold) doit attendre plus d'une décennie simplement pour récupérer sa mise de départ.

Dans cet article, nous allons analyser l'une de ces périodes critiques : la "Décennie Perdue" (2000-2013). Nous verrons pourquoi elle est le cauchemar de l'investisseur passif et comment une stratégie de gestion du risque comme le Dual Momentum permet de traverser ce type de désert.

⚠️ Rappel : Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cet article présente une analyse historique à but éducatif.

Le cauchemar de l'investisseur passif (2000-2013)

Imaginez un investisseur, appelons-le Thomas. En janvier 2000, Thomas décide d'investir ses économies sur l'indice phare américain, le S&P 500. Il adopte une stratégie passive : il achète et il attend.

Voici ce qui l'attend :

  • 2000-2002 (Bulle Internet) : Le marché s'effondre de près de -49 %. Le capital de Thomas est divisé par deux.
  • 2003-2007 : Le marché remonte. Thomas reprend espoir, il retrouve presque son niveau initial.
  • 2008 (Crise des Subprimes) : Nouvelle chute brutale de -56 %. Thomas est à nouveau à terre.

Le résultat ? Il faudra attendre 2013 pour que l'indice S&P 500 dépasse durablement son sommet de l'an 2000.

Pendant 13 ans, le capital de Thomas a subi des montagnes russes émotionnelles pour un rendement nul (et même négatif si l'on prend en compte l'inflation). C'est ce qu'on appelle une "Décennie Perdue".

L'importance du "Drawdown" (Perte Maximale)

Pourquoi est-ce si grave de perdre 50 % ? Après tout, si ça remonte, tout va bien ?

Pas tout à fait. C'est ici qu'intervient une mathématique cruelle :

  • Si vous perdez 10 %, il faut une hausse de 11 % pour revenir à l'équilibre. C'est facile.
  • Si vous perdez 50 %, il faut une hausse de 100 % (doubler la mise) pour revenir à l'équilibre. C'est très long.

La priorité d'une stratégie d'investissement pérenne ne doit pas être uniquement de chercher le rendement maximum, mais de limiter la profondeur de la chute (ce qu'on appelle le Max Drawdown).

Le Crash Test : Comment réagit le Dual Momentum ?

Reprenons la même période (2000-2013) et appliquons une stratégie systématique de type Dual Momentum.

Pour rappel, cette stratégie suit une règle simple : si la tendance du marché actions est négative (inférieure à celle du cash ou des obligations à court terme), le portefeuille bascule en sécurité (Monétaire/Obligations).

La mécanique en action :

La stratégie ne prédit pas l'avenir. Elle ne sait pas que la bulle internet va éclater. Elle constate simplement les faits.

  • En 2000 : Alors que le marché commence sa chute, le "Momentum" des actions devient négatif après quelques mois de baisse. Le signal indique de vendre les actions pour passer en Bons du Trésor (ou Cash).
    Conséquence : La stratégie encaisse le début de la baisse (peut-être -5 % ou -10 %), mais elle évite l'effondrement total de -49 %. Elle préserve le capital.
  • En 2003 : Quand la tendance repart à la hausse durablement, le signal repasse au vert. La stratégie réinvestit en actions.
  • En 2008 : Même scénario. La stratégie sort du marché au début de la crise, évitant le creux de la vague.

Le résultat comparé

Si l'on regarde les backtests sur cette période spécifique :

  • L'investisseur passif a subi deux chutes de ~50 % et a mis 13 ans à faire des bénéfices.
  • La stratégie Momentum, en coupant les pertes, a subi des chutes beaucoup plus faibles (souvent contenues entre -15 % et -20 %).

La différence fondamentale est là : En ne creusant pas un "trou" de 50 % dans son capital, la stratégie n'a pas eu besoin d'attendre des années pour remonter la pente. Elle a pu repartir de plus haut dès que le marché a redémarré.

En toute transparence : Le prix de l'assurance

Si cette stratégie permet d'éviter les gros krachs, pourquoi tout le monde ne l'utilise pas ?

Parce qu'il y a une contrepartie. Comme toute assurance, elle a un coût.

Dans un marché haussier calme et régulier (comme la période 2010-2019), le Dual Momentum peut sous-performer l'investissement passif.

Parfois, le marché baisse un peu (faux signal), la stratégie vous fait sortir, puis le marché remonte aussitôt. Vous avez vendu bas et racheté plus haut.

Ces "faux signaux" grignotent la performance.

L'investisseur qui choisit cette méthode accepte tacitement un contrat : "J'accepte de gagner potentiellement un peu moins quand tout va très bien, en échange de la garantie de ne pas tout perdre quand tout va très mal."

Conclusion

La "Décennie Perdue" de 2000-2013 nous enseigne une leçon précieuse : le risque de marché est réel et le temps est une ressource que l'on ne récupère pas.

Pour un jeune investisseur qui a 40 ans devant lui, subir une décennie perdue est douloureux mais surmontable. Pour un investisseur qui a besoin de son capital à moyen terme ou qui approche de la retraite, c'est une catastrophe.

L'approche quantitative n'est pas magique, elle est défensive. Elle considère que la préservation du capital est la première étape vers l'enrichissement.

Vous voulez voir les chiffres par vous-même ? Nous avons modélisé ces périodes historiques. Utilisez notre simulateur de backtest pour comparer le comportement d'un portefeuille classique face à une stratégie Momentum lors des grandes crises.

Accéder au simulateur